Lettre à Phirun #1

Cher Phirun,
Le gars que tu vois là, c’est Éric d’Aboville, un ami de 30 ans.
Sa famille est connue car l’un d’eux a traversé l’Atlantique puis le Pacifique à la rame. C’est avec lui que j’ai décidé de traverser l’Atlantique, en souquant non pas sur des avirons mais sur des bouts, car c’est à la voile que nous projetons de partir aux Antilles. Sur un bateau de course que nous avons nommé Les Parrains Marins, pour témoigner de la joie que nous avons à te parrainer toi Phirun et un autre garçon, Phochit, le filleul d’Eric qui a 4 ans de plus que toi.
Oui, c’est à vous deux que nous dédions notre course qui durera 3 semaines au mois de mai de l’an prochain.
Pour l’instant, nous en sommes aux entraînements et nous traversons le Golfe de Gascogne pendant 3 jours.

Toi qui vis dans les rizières, imagines toi : une immensité d’eau d’un bleu aussi profond que sont pures les vertes étendues dont tu as l’habitude.
Cette nuit, la mer a été fidèle à sa réputation ici au large des Sables d’Olonne, forte, hachée, avec de telles rafales que nous avons dû changer deux fois de voile dans la nuit. Ramener les 90 m2 du grand spi quand le vent est devenu trop fort nécessite un peu d’expérience.
C’est pour cela que nous allons passer un peu de temps en mer avant de partir au grand large. Mais toi aussi, mon bon Phirun, tu as appris les techniques de la rizière avec ta Maman, je serais heureux que tu me les apprennent. Au moment où je t’écris, j’aperçois au loin le phare de Cordouan dressé au milieu d’un banc de sable. Figure toi qu’il tient son nom des habitants d’une ville d’Andalousie, Cordou, dont les habitants venaient ici en bateau, jusqu’en France vendre leur cuir.
Je te tiendrai au courant de la suite de nos aventures et attends de tes nouvelles.
Je t’embrasse.
Ton parrain, Sébastien