Lettre à Phochit #1

Cher Phochit,
Voilà la première lettre d’une longue série je l’espère, celle qui inaugure la première journée des parrains marins en mer, pour nous qualifier à la course transatlantique que nous préparons avec Sébastien depuis plusieurs mois. J’aurais tellement de choses à te raconter d’ores et déjà car ces premières heures ont été animées et mettent en évidence combien la route est encore longue avant que nous apprivoisions notre bateau. À l’heure où je t’écris le vent souffle à plus de 25 noeuds, nous faisons route vers le plateau de Rochebonne au gré des vagues que nous surfons souvent à plus de 10 noeuds. La lune est de la partie, pleine et belle. Le vent est monté au fur et à mesure nous laissant l’opportunité de tour à tour faire connaissance avec nos différentes voiles d’avant : le génois bien sûr mais aussi le code 5, sorte de spi asymétrique, et enfin le grand spi.

Je dois t’avouer que lorsqu’il faut soudainement affaler ce dernier parce que celui ci nous menace de grandes embardées appelées départ à l’abattée, il ne faut pas mollir car il y a des m2 de toile à ramener dans le cockpit du bateau, en évitant que celui-ci ne chalute dans l’eau ! Pour toi qui est issu d’une famille de pêcheur tout ceci doit te paraître limpide.
Alors nous devrons nous entraîner à l’avenir pour que ces manœuvres deviennent routines, pour qu’elles s’enchaînent avec aisance et naturel. L’humilité est de mise car l’océan oblige et impose respect. Il est impressionnant surtout de nuit, dans son immensité parfois troublée par quelques dauphins et goélands…