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Lettre à Maung Yang #7

👋🏼 Salut Maung Yang,

Comment ça va aujourd’hui ?


⚓️ Sur le bateau Parrains Marins, ça glisse ! Cette nuit, le vent est bon et très favorable. Nous avançons sur une mer de plus en plus calme, donc de plus en plus agréable. Ce qui nous permet d’avancer à une bonne moyenne au-dessus de 8 nœuds. Le tout éclairé par une presque pleine lune. C'est une nuit bien agréable. Et puis niveau manœuvre, c’est tranquille, normalement, c’est tout droit pendant plusieurs jours.


Voilà bientôt deux semaines que nous sommes sur notre bateau. Deux semaines que nous faisons l’expérience de la mer. Expérience qui en devient totale de par sa durée. Et, déjà, j’en tire un nouvel enseignement :


🧏🏼‍♂️Nous vivons à bord des moments intenses de joie, de peur, de réjouissance ou de stress. Il y eut des épisodes où nous nous sentions tout-puissants. Imagine, on a passé Madère en troisième position au classement compensé. Situation impensable du haut de notre vingtaine. Alors nous voilà grands navigateurs pour qui la voile n’a plus de secret. « Papa, maman avancez la date de votre arrivée en Martinique on y sera plus tôt que prévu. » C’était même un peu simple finalement… Et patatra, pas moins de dix heures après, nous voilà bloqué dans un trou sans vent et voyons les bateaux nous dépasser un à un. Et à ce moment-là plus de sourire sur nos visages, mais une crispation de par notre incapacité à changer les conditions météo. Rien que ça. Nous étions maintenant pathétiquement impuissant blessés dans notre ego.


Aussi, plusieurs fois, une casse vient briser un moment suspendu. Une poulie, par exemple, qui cède au moment où nous étions bien réglés sous spi et sous le soleil. Nous étions subjugués, passons par un état de stress pour retomber sur nos pattes en étant soulagé, mais moins touché par l’ivresse du moment précédent.


J’ai l’impression que la vie sur un bateau n’est qu’oscillation et qu’on ne peut pas y faire grand-chose. 🌊


Si, à vrai dire, on peut y faire quelque chose. Nous n’allons pas changer le cours des événements, mais notre manière de les lire, de les interpréter. En fait, il s’agit toujours de prendre du recul pour éviter d’être trop impliqué. Je perds, mais qu’est ce que j’y gagne ?? Je gagne, mais à quel prix ?? J’évite, mais pour accéder à quoi? Je choisis, à quoi je renonce?


Cet exercice demandant beaucoup d’humilité (voilà une autre chose que la mer nous apprend), requiert pas mal d’entraînement. Et je pense Maung Yang qu’une bonne transat’ peut m’aider la dessus. En voilà un bon entraînement! Tout ce que j’apprends sur mon bateau me servira au boulot, à la maison, dans la rue et … sur mon bateau!


À très vite Maung Yang,


Ton parrain

François⛵️

Vous aussi devenez parrains !













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