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Lettre à Serey #18

✍🏻 Salut Serey,


Je te prie de m’excuser pour le retard de la lettre d’aujourd’hui. Si la faune qui arpente cet océan se fait discrète à la surface, mis à part quelques oiseaux et poissons volants, la flore, elle, ne manque pas de faire remarquer sa présence. Les sargasses nous en font voir de toutes les couleurs ! Depuis quelques années, ces algues se sont mises à proliférer de manière complètement invasive si bien qu’elles menacent la biodiversité de certaines plages des Antilles. J’étais au courant de ce phénomène, mais l’avoir sous les yeux, c’est autres chose. Elles sont réellement partout ! Elles se coincent dans la quille, dans les safrans, dans l’hélice, et représentent un véritable frein pour le bateau, nous en avons déjà fait les frais. Je dois dire que ça m’obsède un peu, je jette un coup d’œil presque toutes les dix minutes sur les safrans pour être sûr qu’il n’y a pas de gros paquets coincés. Pour la quille, nous faisons environ deux fois par jour un coup de barre pour nous mettre face au vent, faire une petite marche arrière et repartir. Mais en faisant cela, nous venons de faire un trou dans notre spi !! C’est un peu bête… Il va falloir qu’on trouve une autre méthode, celle de faire passer une corde pleine de nœuds sous le bateau pour la récupérer d’un côté peut fonctionner mais il y a un coup de main à prendre, il va falloir qu’on s’y colle, ça risque d’être laborieux ! Nous avions déjà essayé, mais nous vivons faillies la coincer dans les safrans, ça serait encore plus bête ! 😖


Nous nous retrouvons désormais bord à bord avec deux autres concurrents, après 19 jours de course. C’est complètement dingue ! Nous avons pu échanger, entendre des voix autres que celle de François, et ça fait du bien ! Le moral a l’air bon chez les autres également, il faut dire que l’air doux des Alizés, mis à part les 5 bonnes heures de chaleur pure, est plutôt agréable ! 🥰


Notre arrivée pour mardi se précise, et je me suis attelé à formuler un plan d’action pour faire en sorte qu’il ne reste plus aucune nourriture à bord à l’arrivée. Doubles rations d’apéro, fruits à volonté, deuxième repas en cas de fringale, on ne se fâche pas avec le plaisir ! 😸


Mis à part ça, les journées et les nuits sont assez tranquilles. Le vent est stable, pas trop fort ni trop mou, il n’y a plus le moindre grain à l’horizon, la navigation est donc assez monotone. Mais je profite. Je me sens tellement chanceux d’être là où je suis, d’avoir parcouru une telle distance sans encombre. J’ai du mal à réaliser ce que ça représente. C’est juste fou. Je suis sidéré aussi par la quantité de mots que nous recevons de nos proches, même après 3 semaines de course. Je me sens béni. Merci la vie. 😍


Ton parrain,

Vianney ⛵️


Vous aussi devenez parrains !








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