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Nous voilà qualifiés pour la Cap Martinique !

Fin novembre, les jours se rallongent et le froid devient mordant. C'est à ce moment que nous choisissons de partir pour notre qualification. 400 miles nautiques (700km) à faire en conditions de course, afin d'obtenir le droit de participer à la Cap Martinique.


Avec l'aide de Daniel Souben, notre coach d'Orlabay, nous construisons un parcours adapté aux conditions météo, nous achetons de quoi nous ravitailler pour 4 jours en mer et nous larguons les amarres. Cap vers la pointe de Penmar'ch. La première nuit arrive très vite et se passe très bien. Nous passons la première marque de parcours vers 1h et faisons cap au Sud-sud ouest, direction quelques dizaines de miles au sud du plateau de Rochebonne. Au petit matin, le vent nous abandonne et nous avançons à allure très réduite, sous spi légèrement gonflé. La journée se passera sous ce rythme ralenti propice à la méditation, la contemplation et, on n'oublie pas d'où on vient, à l'apéro.


Nous croisons un navire militaire qui nous demande de nous dérouter, et nous comprenons quelques minutes plus tard le motif de cette demande. Nous devenons les spectateurs d'un déchaînement de puissance qui, d'un coup, nous sort de notre méditation tranquille. Devant ces essais balistiques, explosion de violence dont la mer s'improvise la cible, nous ressentons un curieux mélange d'admiration et de profonde intimidation. Nous nous mettons à la place d'un navire visé par une telle machine. Point d'une lenteur excessive, posé sur l'horizon, capable en une fraction de seconde de réduire notre fébrile embarcation en un tas de cendre déposées sur la surface de l'eau pourtant tranquille. Il couvre tout, il n'existe aucune planque, la fuite est impossible. Il est maître de l'océan.


Nous continuons vers le sud et contournons la marque de parcours la plus éloignée de notre point de départ au milieu de la nuit. Trois bouées posées au milieu de nulle part, clignotant une fois toutes les 5 secondes environ. Dans la nuit noire, la distance d'une lumière est très difficile à jauger. Le cerveau se représente alors une sorte de carte mentale, sur laquelle il tente de placer ces petits points lumineux. Mais cette carte se révèle presque toujours fausse, et leur approche devient un jeu assez amusant de tentative de représentation de l'espace. La bouée qu'on pensait la plus proche s'avère 2 minutes plus tard se retrouver la plus éloignée, les perspectives se distordent. Nous contournons ces trois bouées assez largement, et nous retrouvons au près, remontant en direction de notre chère Bretagne.


Au milieu de la nuit, des bips venant de notre VHF nous permettent de réaliser que notre batterie est à plat. La pile à combustible, source d'énergie à bord, a arrêté de fonctionner. Cause indiquée : surchauffe. Alors qu'il fait autour de 5 degrés... Nous comprenons qu'elle ne va pas démarrer, et nous faisons tourner notre moteur pour recharger la batterie. Mais celle-ci n'a pas l'air de vouloir se recharger suffisamment, et nous n'avons pas prévu assez d'essence pour tenir tout au long du retour. Nous prenons alors la décision d'arrêter d'utiliser le pilote automatique. Nous nous relaierons à la barre, toutes les deux heures.


Au cours de la journée, le vent augmente petit à petit. À la tombée de la nuit, nous sommes au travers, et le vent souffle entre 20 et 25 noeuds. Nous sommes sous spi asymétrique. Et nous vivons une nuit magique. La mer n'est pas déchaînée mais forte. La pleine lune se reflète sur les vagues et sur le dos des dauphins qui nous accompagnent. Et surtout le bateau est parfaitement équilibré. Nous arrivons à lâcher la barre et à diriger le bateau simplement avec des petits ajustements de la grand-voile. Au poste de barre, nous avons l'impression de ne faire plus qu'un avec le bateau. Nous l'écoutons, nous le comprenons. Le plaisir ultime de l'osmose avec le voilier, avec la mer, avec le vent. Tout est parfait. Il fait juste froid...


Après cette nuit splendide, le vent se calme au petit matin. Le froid s'est vraiment renforcé et nous multiplions les couches. Nous contournons la dernière marque, et arrivons à rentrer à la tombée de la nuit.


Cette aventure nous aura permis de profondément comprendre beaucoup d'éléments incombant au réglage de notre bateau. Nous avons compris et confirmé les apprentissages apportés par cette série d'entrainements d'automne passés aux côtés d'Orlabay. Nous nous permettons enfin de rêver à la régatte, à la compétition lors de la transat, à pourquoi pas un classement pas si mal... ON VA TOUT DONNER !






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